Demain, on reprendrait le bateau, le train, puis Hélène un taxi et l’avion, on quitterait l’odeur de citron. Mais là, seul avec Hélène sur le port de Procida, j’ai eu l’impression que j’étais amoureux. Elle n’avait pas besoin d’un confident, j’ai réalisé, elle avait besoin de quelqu’un qui mangerait ce qu’elle commandait pour lui. Hélène était facile à aimer : il suffisait d’avoir faim. C’était simple et je me sentais important de l’avoir compris. Il y aurait pour Hélène d’autres hommes, qui auraient plus faim que moi, mais ce soir j’étais fier du privilège, dans le cliquetis des bateaux, couteau et fourchette à la main, de terminer avec elle le dernier quart de sa première pizza.
Quatre soeurs et un noel inoubliable
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